Brésil/Ouro Preto : la mémoire afro-brésilienne s’élève au rythme des tambours
Dans les rues escarpées et pavées d’Ouro Preto, perle historique du Minas Gerais, résonne chaque année une célébration empreinte de foi et de mémoire. Ce festival afro-brésilien, ancré dans l’histoire coloniale du Brésil, rend hommage à Notre-Dame du Rosaire, à Sainte Ifigênia et à Saint Benoît. Il réunit habitants et visiteurs autour d’un riche héritage spirituel et culturel porté par les descendants d’esclaves.
Au cœur de la procession, les confréries afro-brésiliennes font revivre les traditions de leurs ancêtres, au rythme des percussions et des chants sacrés. Parmi elles, la Garde du Mozambique incarne l’âme de ces rituels où se mêlent catholicisme populaire et spiritualité africaine, perpétuant une culture transmise de génération en génération depuis l’époque de l’esclavage.
Cette fête est aussi l’occasion d’honorer la figure légendaire de Chico Rei, roi africain capturé et réduit en esclavage, devenu un symbole de résistance. Libéré, il aurait aidé de nombreux esclaves à racheter leur liberté et participé à l’édification de l’église Notre-Dame du Rosaire, aujourd’hui monument de fierté pour la communauté noire brésilienne. Reconnu comme patrimoine culturel immatériel, ce festival va bien au-delà du folklore : il témoigne d’une mémoire vivante, vibrante, enracinée dans les pierres et les cœurs d’Ouro Preto.
Éditeur responsable Bamtv

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