Faim et justice : un jeune Burkinabè condamné pour avoir tenté de trouver à manger
À Banfora, au Burkina Faso, un jeune apprenti chauffeur de 22 ans, appelé Samuel (nom d’emprunt), a été jugé pour avoir tenté de pénétrer dans un restaurant fermé afin de calmer sa faim. Les faits remontent à la nuit du 1er décembre 2025. Venant de Bobo-Dioulasso, affamé et sans ressources, il a essayé d’entrer dans l’établissement en déchirant la partie basse de la porte. Pris sur le fait par le vigile, il n’a opposé aucune résistance et a reconnu avoir agi uniquement sous le coup de la faim.
Lors du procès, la propriétaire du restaurant a choisi de ne pas se constituer partie civile. Elle a même demandé aux forces de l’ordre de ne pas malmener le jeune homme et n’a réclamé aucun dommage. Pourtant, le ministère public a requis une peine d’un an de prison, dont six mois fermes, assortie d’une amende de 500 000 FCFA.
Le Tribunal de grande instance de Banfora a suivi ces réquisitions, mais en accordant un sursis total à la peine. Samuel échappe donc à l’incarcération immédiate, mais reste officiellement reconnu coupable de tentative de vol et doit s’acquitter des frais de justice.
Cette affaire soulève des interrogations sur l’équilibre entre la rigueur des lois et les réalités sociales vécues par de nombreux jeunes en situation de précarité. Le geste de Samuel n’était pas motivé par l’avidité, mais par un besoin vital. Son histoire met en lumière une problématique bien plus large : comment la justice peut-elle intégrer une dimension humaine face aux délits commis par nécessité ?
Éditeur responsable Bamtv

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