Sénégal : Paniers sénégalais, succès mondial mais peu de retombées pour les tisseuses

Sous l’ombre apaisante d’un manguier, dans un village isolé du nord-ouest du Sénégal, Khady Sene s’active à tresser un panier avec patience et précision. Autour d’elle, plusieurs femmes du village de Mborine reproduisent un geste hérité de leurs mères et grands-mères : le tressage traditionnel de paniers en roseaux, une pratique artisanale profondément ancrée dans la culture wolof.

Ces créations artisanales, bien que nées dans des cours sablonneuses à des kilomètres des grandes villes, ont conquis les marchés internationaux. Elles sont désormais très prisées aux États-Unis et en Europe, appréciées pour leur esthétique et leur authenticité. Pourtant, cette renommée ne profite guère aux artisanes elles-mêmes. Dans les grandes enseignes occidentales, il n’est pas rare de retrouver des paniers dits « sénégalais »… en réalité fabriqués au Vietnam, l’un des principaux exportateurs de copies à bas prix.

Les paniers authentiques, eux, peuvent atteindre jusqu’à 150 dollars à l’export, tandis que les tisseuses sénégalaises ne reçoivent qu’une fraction de cette somme. Sur les marchés locaux ou au bord des routes, les prix demeurent très bas, souvent imposés par des intermédiaires. Un grand panier vendu à peine 13 000 francs CFA (environ 23 dollars) ne couvre même pas les coûts de production.

Utilisant des roseaux liés par des bandes de plastique coloré auparavant du raphia ou des fibres de palmier les femmes produisent des objets du quotidien : paniers à linge, vans pour trier les céréales, corbeilles de rangement. Mais malgré leur savoir-faire ancestral et le temps consacré à chaque pièce, la réalité économique reste difficile.

Khady Sene, mère de famille de 35 ans, résume le dilemme : elles perpétuent un art reconnu à l’international, mais peinent à en vivre. Elle espère que les autorités sénégalaises prendront des mesures concrètes pour mieux valoriser ce métier et permettre aux tisseuses d’en tirer une juste rémunération.

Éditeur responsable Bamtv

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