Somalie : Mogadiscio entre vigilance constante et espoir fragile
Dans les rues de Mogadiscio, la sécurité est omniprésente. Pick-up armés, points de contrôle de fortune et jeunes hommes en civil filtrant les passages forment une barrière visible contre une menace toujours active. Cette vigilance quotidienne traduit le climat tendu dans lequel vit la capitale somalienne.
Depuis 2022, le président Hassan Sheikh Mohamud a lancé une vaste campagne contre les islamistes d’Al-Shabab, groupe lié à Al-Qaïda. Cette stratégie vise à affaiblir leur capacité militaire, couper leurs sources de financement et réduire leur emprise sur la population. Un pari complexe dans un pays marqué par plus de trois décennies d’instabilité depuis la chute du régime de Siad Barre.
Le dernier attentat marquant d’Al-Shabab remonte à août 2024, sur la plage du Lido, causant de lourdes pertes humaines. Le groupe continue d’utiliser des méthodes meurtrières comme les véhicules piégés ou les explosifs artisanaux, ciblant des lieux stratégiques ou fréquentés par des responsables politiques.
La sécurité de la capitale repose aussi sur la protection renforcée d’une zone regroupant les institutions clés près de l’aéroport, sécurisée par des blocs de béton.
Sur ces fronts, les combats font rage. Des villes comme Bariire changent régulièrement de mains, provoquant destructions et déplacements de populations. La stabilisation de ces zones est cruciale pour la sécurité de Mogadiscio, car la capitale concentre les leviers politiques et économiques du pays.
Pourtant, au cœur de cette tension, des signes de vie persistent. Cafés bondés, lumières en soirée, projets immobiliers en cours : malgré la menace, Mogadiscio tente de reprendre son souffle. Un équilibre fragile, suspendu à l’évolution d’un conflit qui façonne toujours le quotidien de ses habitants.
Éditeur responsable Bamtv

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