Quatre mois suite à un revers majeur en Colombie, les nations du monde ont réussi jeudi à Rome à convenir d’un compromis épineux concernant le financement de la préservation de l’environnement, évitant de justesse une autre débâcle pour le multilatéralisme environnemental. Au troisième et ultime jour des prolongations de la COP16 sur la biodiversité des Nations Unies, les nations développées et celles en développement ont consenti à des concessions réciproques pour établir un programme de travail sur cinq ans. Ce dernier vise à libérer les milliards indispensables pour mettre fin à la dégradation de l’environnement et optimiser la répartition des fonds versés aux pays en développement.
Ce jeudi soir, les nations rassemblées à Rome pour la grande conférence sur la biodiversité des Nations Unies (COP16) luttaient pour parvenir à un accord de dernière minute en vue de financer la préservation de l’environnement naturel, ce qui constitue un véritable défi pour la crédibilité de la coopération mondiale. Un accord, issu de six heures de négociations impliquant une trentaine de pays symbolisant les équilibres mondiaux, avait été proposé en fin de journée. Ce dernier a insufflé un courant d’optimisme mesuré au quartier général de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) à Rome, lieu des pourparlers.
« Nous sommes assez proches de nous accorder sur ce document« , a déclaré le négociateur en chef européen Hugo-Maria Schally
Les pays développés et en développement s’accordent sur la nécessité urgente de mettre fin à la destruction de l’environnement qui compromet la sécurité alimentaire, la santé, la régulation climatique des océans et des forêts, et qui met un million d’espèces en danger d’extinction. En revanche, ils ne s’accordent pas sur la façon de rassembler et de distribuer les milliards de dollars indispensables pour y arriver. Suite à une coupure soudaine en Colombie en novembre, la 16e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CBD) avait commencé mardi à Rome des prolongations finales.
Les près de 150 nations présentes avaient pour tâche d’éviter une nouvelle débâcle dans le domaine de la diplomatie environnementale, déjà affaiblie par la stagnation des discussions relatives à la pollution plastique, les frictions Nord-Sud concernant le financement climatique et le retard accumulé dans l’abandon des combustibles fossiles. Jeudi, un projet de texte initié par le Brésil au nom du BRICS – ce groupe d’économies émergentes qui inclut entre autres la Russie, l’Inde et la Chine – a constitué le fondement d’un dernier texte, presque tout ou rien lors de la plénière finale dans la soirée de jeudi. Les pourparlers se déroulent dans un cadre caractérisé par des tensions douanières, les difficultés budgétaires de nations prospères telles que la France et l’Allemagne, la charge de la dette des pays moins fortunés et, récemment, l’impasse.
Les États-Unis, qui n’ont pas signé la CBD mais qui contribuent financièrement de manière importante, ont décidé de ne pas se rendre à Rome. L’accord doit permettre de financer la mise en œuvre de l’accord de Kunming-Montréal, conclu fin 2022. Cette personne a établi 23 buts à atteindre d’ici 2030 pour mettre fin à la destruction de la vie. Le plus emblématique envisage de réserver 30% des terres et océans dans des zones protégées (comparativement à 17% et 8% actuellement, d’après l’ONU).